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6 danseurs et danseuses de lindy hop à connaître - Partie 1

Back in the days I Partie 1 : Shorty George et Frankie Manning

6 danseurs et danseuses de lindy hop à connaître - Partie 1


“Shorty” George Snowden



Shorty par sa taille - dont il jouait pour entretenir son image facétieuse, mais grand par son nom qui n’est pas inconnu des familier.es du Shim Sham . George Snowden, né en 1904, se place au coeur du mythe de l’origine : lui et sa partenaire Mattie Purnell appartiennent à la toute première génération et sont admis par la légende comme les fondateurs du Lindy Hop. Ils le font croître sur les bases du Charleston , du Collegiate , et du Breakaway , (qui comme son nom l’indique permet aux danseurs de se séparer dans la danse). En 1929, ils apparaissent dans le film After Seben et dansent une version du charleston couple encore en transition.


Avant de devenir un phénomène culturel popularisé dans les clubs, le lindy hop était pratiqué dans la rue, au coeur de la communauté afro-américaine. Georges Snowden a de fait, participé à ajouter à cette discipline un aspect performatif par le biais de concours, et des performances de sa troupe, le Shorty Snowden Trio. Shorty George est évoqué comme une personnalité comique, et notamment par dans ses danses avec Big Bea, une autre partenaire dont la grande taille contrastait évidemment avec la sienne. Son caractère pétillant se dessine dans le morceau que Count Basie compose à son nom en 1938. Fred Astair lui rend également hommage en 1942 en mimiquant le pas signature qui porte son nom dans le film You were never lovelier , et que l’on retrouve dans bon nombre de routines.



Frankie Manning  





Frankie Manning naît à Jacksonville (Floride) en 1914 et s’installe à Harlem tout petit. Danseur d’élite de la Savoy Ballroom , l’adolescent est remarqué pour ses acrobaties (autrement appelées airplanes ). Il se professionnalise à la même époque avec les Whitey’s Lindy Hoppers , troupe emblématique du lindy hop dont il chorégraphie les performances. Leurs routines avant gardistes comme leur version du Big Apple , les conduisent à jouer dans les films Hellzapopping (1939) ou Keep Punching (1941) : c’est notamment grâce à l’industrie filmique, alors en pleine expansion, que Manning acquiert une notoriété internationale. La troupe éclate en 1942 quand les leaders du groupe doivent effectuer leur conscription. A son retour en 1947, Manning relance une version plus petite des Whiteys, The Congaroos , qui ne fera pas long feu.



Ce n’est qu’à la fin des années 1980 qu’il revient sur le devant de la scène, après deux décennies d’une vie de famille plus posée, employé à l’administration des postes. Mobilisé par de jeunes danseurs de la côte Ouest, il joue un rôle clé dans le renouveau du lindy hop : à plus de 75 ans, il traverse à nouveau le monde pour transmettre cette danse à de nouvelles générations, notamment au festival à Herräng Dance Camp . Le pionnier rédige son autobiographie en 2007, Frankie Manning : ambassador of lindy hop , deux ans avant sa mort. On y découvre en filigrane de sa mémoire toute l’histoire du lindy hop et de sa popularisation, son éclipse et les trois décennies de régénération que Manning à chaperonné.